PETIT GUIDE CONTRE LE COPIER-COLLER

Posté par Constanta-Ecaterina Naidin le 9 octobre 2013

Ma participation au projet européen ayant les éléments d’identification ID: POSDRU/87/13//62771 tient de l’aventure. Après m’être vu refuser l’accès dans un premier groupe par une formatrice TIC qui avait des critères personnels sur l’hétérogénéité d’un groupe, je me suis retrouvée… hors du stade, en ayant quand même accès à presque toutes les ressources de la plateforme, voire à tous les forums, ce qui n’est plus possible maintenant, pour des raisons qui n’ont aucune relation avec l’objectivité ou la transparence d’une activité de formation.

Je conserve de cette période de « spectatrice » un souvenir peu obligeant pour les organisateurs de ce cours car, d’une part, je voyais certains formateurs invoquer le besoin des professeurs de français de Roumanie de se munir de « papiers » – ces diplômes, attestations, certificats et autres documents que le système d’enseignement roumain nous oblige à décrocher – comme principal argument de participation à ce cours, d’autre part je voyais fleurir sur la plateforme les effets pervers de cette « course paperassière» qui était, en réalité, une compétition du copier-coller.

Les plus inattendues, les plus surprenantes, les plus scandaleuses « œuvres » didactiques, « empruntées » à des sites plus ou moins connus, garnissaient à foison la plateforme où les professeurs de français devaient se perfectionner… en français et en nouvelles technologies.

Sans leur chercher dans la tête les poux, toutes ces productions écrites n’étaient pas de petits cailloux ou d’innocents joujoux, mais de véritables choux, plus grands que les yeux des hiboux, à faire trembler les genoux de celui qui aurait voulu chercher des bijoux sur la plateforme de ce cours.

Le pire, j’ai constaté que même ces personnes qui auraient dû être des modèles pour le menu peuple de la branche, des anciens inspecteurs, des conseillers pédagogiques en fonction ou des possesseurs reconnus d’un nombre impressionnant de diplômes et autres papiers, dont j’ai remarqué un très fier „docteur és lettres” (la graphie és lui appartient !), s’adonnaient à cœur joie à cette pratique peu honorante, en donnant ainsi un sens nouveau (ou déjà ancien ?) à l’emploi des TIC dans l’enseignement.

Devant ce pullulement sans précédent des productions copiées et, surtout, devant la passivité des formateurs TIC qui auraient dû instruire les formables sur la possibilité de voir leurs « innocentes » tricheries dévoilées, j’ai décidé de rédiger un petit recueil de conseils pratiques contre le copier-coller, que je mets à la disposition de tous ceux qui voudraient dorénavant fonder leur carrière professionnelle sur le travail d’autrui.

1. Apprenez à écrire à l’aide d’un logiciel de traitement de texte, car la plupart de ceux qui publient sur internet le savent déjà, par simple désir de se perfectionner ou par obligation professionnelle. Les discontinuités de mise en forme visibles dans vos documents sont les premières à poser des questions aux évaluateurs. Un exemple : les listes numérotées, réalisées automatiquement dans une partie d’un tel document, et manuellement dans une autre partie du même document.

2. Complétez votre savoir linguistique sur l’écriture avec les normes de présentation d’un document. Ces normes, élaborées le plus souvent par des autorités du monde de l’édition et de la typographie, sont censées attribuer à vos documents de la cohérence, de l’uniformité et de la lisibilité. Quand le contenu d’un document est divisé tantôt avec les jalons recommandés par ces normes, tantôt avec des jalons fantaisistes, l’attention des correcteurs est en alerte maxime. Quand vous demandez aux élèves de respecter le principe de la cohérence, employer concomitamment dans le même document des abréviations comme p ou p. ou pt pour le mot point est une marque de grande incohérence. Sans plus parler du fait qu’il s’agit d’une abréviation incorrecte.

3. Ne reprenez jamais un document de l’internet. Les propriétés du document conservent des informations sur l’auteur, sur le site internet où il est publié, sur le temps d’édition, sur la date de la dernière impression. De plus, les auteurs cachent certains indices dans leurs documents qui peuvent facilement être identifiés par un correcteur avisé. Exemple : sur la plateforme, il y a beaucoup de documents, apparemment introuvables sur internet, mais dont le format cache les traces de son vrai auteur : des annotations, des indices sur le format, du texte caché, etc. Malheureusement, les correcteurs de cette plateforme ne savent pas dépister ces traces et je me suis amusée à découvrir des documents qui datent de 2002 ou qui ont été créés en 2012, mais imprimés en… 2011, des documents qui contiennent des boutons radio ou du texte caché qui traînent encore sur la plateforme et il y en a même quelques-uns qui ont reçu de la part des évaluateurs de très bons qualificatifs.

4. Ne copiez jamais sur vos documents réalisés à l’aide d’un traitement de texte des contenus repris de sites internet. Ceux-ci contiennent des « astuces » informatiques peu accessibles à un utilisateur ordinaire : des hyperliens, des contrôles informatiques, des effets difficilement à gérer par un amateur en informatique. Il est à la portée de tout mortel de cliquer sur un hyperlien et de se voir « téléporté » vers la source du document authentique qui porte maintenant votre nom. Certes, il existe des moyens d’enlever ou de supprimer ces « astuces », mais, par honneur professionnelle, il vaut mieux y renoncer.

5. Soignez continûment votre propre style, sans convoiter le style d’autrui. Les fractures stylistiques sont vite saisissables par un correcteur, même inexpérimenté.

6. Si aucun des indices susmentionnés n’est détecté par la vigilance d’un correcteur, sachez qu’il y a des logiciels antiplagiat munis de vastes bases de données leur permettant de repérer même les traductions d’une langue vers une autre.

7. Gardez toujours à l’esprit le fait que la publication sous son nom des résultats du travail de recherche d’une autre personne est une fraude. Ne vous convainc-t-elle pas cette vérité ? Alors, jetez un coup d’œil sur le site http://responsable.unige.ch/index.php.

Bon travail, alors !

Une Réponse à “PETIT GUIDE CONTRE LE COPIER-COLLER”

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